Du Bobsleigh à l’entreprise

22 août 2018 - Expertises

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  • Eric Alard
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Après plus de 20 ans passés dans le monde du sport de haut niveau, Eric ALARD construit un pont avec le monde de l’entreprise : le coach sportif rentre dans la boîte.

En 1988, 4 ans avant les JO d’Albertville, alors que le bobsleigh n’est pas encore un sport pratiqué en France, des sélections sont organisées afin de créer l’équipe de France de Bob. Parmi une centaine de candidats, 30 puis 18 – pour la plupart novice en la matière – seront sélectionnés lors d’un stage en Autriche, la France ne disposant pas, à cette époque, de piste de bobsleigh.

Eric Alard pilotera ainsi pendant 10 ans le bobsleigh français avant de poursuivre sa carrière en tant que manager de différentes équipes (Suisse, France, Nouvelle-Zélande, Corée du Sud et Canada), à la suite d’une blessure. Aujourd’hui coach et consultant, Eric Alard intervient en entreprise afin d’adapter au monde de l’entreprise les valeurs, méthodes et outils du sport de haut niveau.

« Un coach sportif est-il un manager ? ». Sa réponse est sans ambiguïté : oui. Mais il faut que le manager fasse preuve d’adaptabilité : tantôt leader directif, tantôt leader participatif, il doit s’adapter à chaque situation pour préserver la motivation de son équipe.

La réussite passe par un état d’esprit commun

« Quel lien faites-vous entre le monde du sport et celui de l’entreprise ? » Eric Alard nous explique qu’une équipe et une entreprise se ressemblent plus qu’on ne pense. Que l’on parle de recherche de sponsors ou de financement, de recrutement de collaborateurs ou d’athlètes, c’est la même chose. L’équipe comme l’entreprise nécessitent la gestion d’un budget, la prise de décision, la responsabilité du manager mais, avant tout, leur réussite commune passe par un esprit d’équipe, une motivation.

Toutefois certaines différences existent entre les deux mondes. Eric évoque notamment la question de la relation à l’échec. Un athlète passe 80% de son temps à l’entrainement, seulement 20% en production, c’est-à-dire en épreuve sportive. Il est donc en phase de test permanent, modifiant, ajustant ses techniques. Tous les jours, il échoue et recommence : c’est normal ! En entreprise, c’est l’inverse : 80% du temps en production et 20% en formation. On recherche davantage la répétition pour se rassurer par peur d’échouer : « On reste souvent dans le même schéma. On devrait inculquer la culture du test en entreprise, confie Eric, pour améliorer l’implication et la motivation des collaborateurs. »

Et, c’est sur ce point que travaille particulièrement Eric. Il faut trouver un langage et des objectifs communs garantissant la motivation des membres de l’équipe. En appliquant des techniques issues du sport, par exemple en découpant les objectifs pluriannuels (les JO, c’est 4 ans) en objectifs annuels puis semestriels, on peut élaborer des plans d’action. Mais ces plans d’action ne sont rendus possibles qu’en assurant une adéquation entre motivation personnelle et poursuite de l’objectif commun. C’est le rôle du manager, « il faut que chacun trouve sa passion dans son quotidien pour que la motivation soit naturelle ».